L'Argentine veut ravoir les Îles Falkland, mais sans livrer bataille
BUENOS AIRES, Argentine - Les tabloïds londoniens et les leaders britanniques dépeignent l'Argentine comme dangereuse et belligérante, 30 ans après son invasion des Îles Falkland. L'Argentine affirme que le Royaume-Uni devrait examiner sa propre histoire de conflits un peu partout sur la planète, et reconnaître que les îles et les étendues d'eau autour d'elles appartiennent de droit à l'Argentine.
Malgré des semaines de rhétorique orageuse, il semble n'y avoir aucun intérêt chez les Argentins pour une nouvelle «aventure militaire», peu importe leur désir de récupérer les îles situées à plus de 400 kilomètres de leur côte sud.
Les tensions devraient croître encore davantage avec l'article du «Daily Mail» de Londres rapportant samedi que le premier ministre britannique David Cameron avait lui-même approuvé l'envoi d'un sous-marin nucléaire aux Falklands avant l'anniversaire du 2 avril. L'engin transporterait une équipe d'espanophones pour surveiller les communications régionales et des missiles de croisière pour dissuader l'armée argentine.
Le bureau de M. Cameron et le Foreign Office britannique ont référé les appels au ministère de la Défense, qui a dit ne pas commenter les déploiements de sous-marins, mais l'Argentine était déjà fâchée du fait que Londres avait envoyé le prince William vers les îles pour une mission de six semaines, en compagne du destroyer le moderne de la Royal Navy, le Dauntless.
Vendredi, le ministre argentin de la Défense, Arturo Puricelli, dit y voir un déploiement de force superflu.
Chaque enfant argentin apprend que les Britanniques ont volé les Malouines, comme les Argentines appelent les îles, ainsi que les îles de Géorgie du Sud et Sandwich il y a près de deux siècles.
L'Argentine réclame la souveraineté sur une bonne partie de l'Atlantique Sud.
Ils sont toutefois très peu nombreux au pays à vouloir les récupérer par la force, à commencer par la présidente Cristina Fernandez.
Elle a ordonné la déclassification du rapport Rattenbach, une analyse longtemps gardée secrète des erreurs commises par la junte militaire à l'époque de la guerre contre le Royaume-Uni en 1982. Mme Fernandez a dit vouloir que l'on comprenne que sa campagne pour récupérer ces territoires demeurera diplomatique et économique.
La dictature argentine avait lancé l'invasion pour dissimuler la torture et l'assassinat d'opposants politiques et distraire le peuple d'une économie dévastée, a déclaré Mme Fernandez.
Un total de 649 Argentins et de 257 Britanniques sont morts lors de la guerre de 74 jours. La défaite militaire a humilié la junte et accéléré le retour de l'Argentine vers la démocratie.


